CAPTAIN TSUBASA – Analyse du manga de Yôichi Takahashi

Captain Tsubasa : Avant Olive et Tom, les raisons du succès

Si le foot et l’Art ont rarement fait bon ménage, Captain Tsubasa demeure l’une des rares créations artistiques à avoir su fasciner le monde depuis sa publication il y a près de 40 ans. Dans ce nouvel Anima Hors-Série, je ne vais pas m’intéresser à la série Olive et Tom mais à la vision du foot de Yôichi Takahashi. Avec en ligne de mire, les parti-pris artistiques qui ont fait de sa création l’un des plus gros succès des dernières décennies en matière de manga.

Anima jehros Captain Tsubasa

Wakabayashi VS Hyuga : le flow dans Captain Tsubasa

(ce qui suite est un extrait du script de la vidéo, visible ci-dessus) : En l’espace d’une quinzaine de pages du tome 10, Hyuga va enchaîner trois tirs en dehors de la surface de réparation, tous séparés entre eux de quelques pages. Le premier occupe les 2/3 d’une double page, le deuxième les 2/3 d’une seule, le dernier le coin supérieur droit. Compte tenu de leur taille et prises indépendamment de leur contexte, elles tendraient donc à indiquer que chaque frappe est moins dangereuse que la précédente et ne révélerait rien d’autre que l’inefficacité de l’attaquant. Il y a pourtant plus que cela. Hyuga a beau sembler toujours aussi énervé du fait d’une gestuelle identique, ces frappes finissent par occuper autant d’espace sur les pages qu’une banale passe. Par leur succession, leur configuration et leur proximité, parce qu’elles rendent les tirs anecdotiques, les cases installent le lecteur dans une routine qui rend impossible le moindre suspense. En l’impliquant moins émotionnellement, Takahashi le pousse à une lecture détachée, crée une sensation d’ennui poli.

Un ennui volontairement recherché

C’est précisément ce sentiment qui intéresse le mangaka : par ce biais, il nous place dans la peau de Wakabayashi en nous faisant partager sa lassitude face à des ballons tirés hors de la surface. Le procédé permet ainsi à Takahashi d’appuyer définitivement la sérénité et l’immense talent du portier dans l’esprit de son lectorat, dont la réaction émotionnelle sera d’autant plus décuplée lors des buts qu’il encaissera inévitablement. Tout cela, grâce à trois cases dans lesquelles il n’apparaît même pas. L’arrivée du dernier tir, décomposé en trois cases verticales sur une page entière, n’exprime ainsi pas tant sa lenteur que le point de vue de Wakabayashi, dont la réactivité dépasse l’entendement. La vitesse de la frappe, que l’on sait extraordinaire, est ainsi parasitée par l’appréciation mentale d’un personnage qui vit dans sa propre temporalité, et que la mise en pages de Takahashi nous permet de ressentir.

Parce qu’il n’y a pas que Captain Tsubasa dans la vie : il y a aussi l’animation japonaise

Pas d’Olive et Tom en ce qui me concerne, du moins pas encore. Mais pas mal de séries d’animation japonaise analysées au détour de plusieurs vidéos. Parmi elles, Violet Evergarden, Made in Abyss, L’Attaque des Titans et Aku no Hana (aka Les Fleurs du mal dans la langue de Baudelaire).
N’oubliez pas également de visiter la chaîne YouTube pour y découvrir l’intégralité des vidéos !

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