Memories #1

Pas plus tard qu’hier, Le Point nous présentait les « réalisateurs japonais qui font le cinéma d’animation de demain ». Bien sûr, par « demain », entendez « le lendemain de notre découverte de leur existence ». Makoto Shinkai, Mamoru Hosoda, Keiichi Hara, Kenji Kamiyama et Masaaki Yuasa, autant de cinéastes régulièrement évoqués un peu partout depuis plus de dix ans mais qui, du fait de leur diffusion récente ou future dans les salles françaises, acquièrent enfin la légitimité exigée. L’occasion d’apprendre entre autres que « les plus érudits d’entre vous » ont peut-être entendu parler d’Isao Takahata (peut-être hein, c’est pas dit) ou que Massaki Yuassa (sic) « mélange les couleurs » (avouez, c’est fou). Sachez aussi que La Traversée du temps est « le premier film de Mamoru Hosoda en tant qu’auteur ». Parce qu’adapter One Piece en y injectant ses propres thématiques, c’est moyen auteur si tu veux. Faire la même chose avec Yasutaka Tsutsui, déjà on franchit un pallier, ça passe mieux. Mais c’est toujours plus tôt que Keiichi Hara, hein, lui qui « se lance dans une carrière solo en 2007 ». Réaliser des films Crayon Shin-chan : pas solo. Adapter des romans : solo. Bref, retenez-bien leurs noms nous dit-on, ils commencent à « s’imposer ». Comme Masaaki Yuasa donc, dont les deux films sortis cette année sont sortis du top 10 du box-office japonais une semaine à peine après leur sortie. Et tant pis pour Sunao Katabuchi, Hiromasa Yonebayashi ou Naoko Yamada, qui ne feront donc pas le cinéma de demain.

Des erreurs factuelles et aberrations dommageables donc, tant l’article se montre plutôt recommandable par ailleurs. D’où la naissance de cette rubrique hebdomadaire mensuelle qui débarquera quand ça me prendra et qui s’attardera sur du contenu récent et de qualitay, ne se satisfaisant pas d’approximations pour parler d’animation.

DANS UN RECOIN DE CE MONDE

Mary and the witch flower studio ponoc

Toshio Suzuki et Isao Takahata ont vu Meari to majo no hana, le dernier film en date de Hiromasa Yonebayashi (Arrietty le petit monde des chapardeurs, Souvenirs de Marnie) et premier long-métrage de son tout nouveau studio Ponoc.
Je vous redirige vers le traditionnel dossier sur le film de Buta-Connection et notamment sur sa partie dédiée à la production de l’anime. Avec quelques plans de l’e-konte :


On sait aussi être rigoureux chez Le Point, qui a interrogé l’éditeur @Anime sur son édition du blu-ray de Ghost in the Shell. L’occasion de rappeler le parcours du combattant que nécessite parfois une telle initiative.

Qui dit blu-ray dit VO et qui dit VO dit sous-titres. Numérama était à Japan Expo et a suivi la conférence donnée sur l’art du sous-titrage d’anime.

La 3D dans l’animation japonaise, qu’est-ce que ça mange ? En tout cas ça mange pas mal de Berserk au petit dèj : l’excellent Callum May de The Canipa Effect raconte la production de la récente série adaptée du manga de Kentarô Miura. Actuellement au Japon, le vidéaste s’est également intéressé à l’animation japonaise en tant que « médium social ».

 

L’occasion de reparler une nouvelle fois des particularités de l’animation made in Japan. En attendant que les français de Furansujin Connection reprennent du service, vous pouvez toujours vous rabattre sur l’indispensable Wave Motion Cannon, qui s’est intéressé dernièrement à l’écriture du scénario d’un épisode de série, en plus d’un petit focus sur Production I.G. et de leur travail sur la série Ballroom e Yôkoso, diffusée depuis peu au Japon.

Et sinon, pourquoi le doublage est-il enregistré après l’animation ?

DON’T MESS WITH THE SMEAR MAFIA


Profitons d’un tweet de RandomSakuga pour reparler de Masaaki Yuasa : son excellent Kick-Heart, court-métrage réalisé en 2013, sera enfin visible dans nos contrées dans quelques jours. Il fait en effet partie d’une sélection de courts-métrages produits par Production I.G. et disponibles dans un blu-ray recensant également Pigtails, court-métrage réalisé par Yoshimi Itazu, également à l’oeuvre sur Ballroom e Yôkoso, que j’évoquais plus haut.

Pour en finir avec l’animation japonaise, rendons un hommage à Seiji Yokoyama, génial compositeur disparu la semaine dernière et à qui l’on doit notamment parmi les plus belles bandes originales de l’animation japonaise, en particulier son travail sur la franchise Saint Seiya.


ARCHITECTURE, VAMPIRES ET VIDÉOS

Enchantement et imperfection dans les décors de Steven Universe.

Récemment, Netflix sortait Okja Castlevania, adaptation animée de la célèbre saga de jeux vidéo. Et tandis que Cartoon Hangover nous apprend sept choses à savoir sur la série, Le Monde en explore les fondations en se basant notamment sur son rapport aux jeux et au mythe de Dracula.

Deux courts-métrages à (re)découvrir. Dans Vibrato, Sébastien Laudenbach (La jeune fille sans mains) « met en scène les souvenirs très intimes de la veuve de Charles Garnier ».
Gros voyage dans le temps avec ce court-métrage russe de 1929, dans lequel Daniil Cherkesh met en scène les aventures du Baron de Münchhausen.

Vous avez vu Psiconautas ? Probablement pas. Et pourtant, ce long-métrage de Pedro Rivero et Alberto Vázquez a tous les atouts pour devenir un classique. Le fossoyeur de films essaie de vous convaincre de tenter l’aventure, à découvrir dans les quelques rares salles diffusant encore ce film fascinant.

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