20 œuvres animées qui ont fait 2016 – AniMag

NB : CE QUI SUIT N’EST AUTRE QUE LE SCRIPT DE LA VIDÉO VISIBLE CI-DESSUS.

Le monde de Dory : Probablement l’un des meilleurs films de l’été dernier mais malheureusement, cette suite pâtit à mon sens de la comparaison avec Le monde de Nemo, que j’ai malheureusement tendance à considérer comme un film parfait. D’où l’impression d’y retrouver les mêmes éléments mais dénués de leur jusqu’au-boutisme originel.
La jeune fille sans mains : Pour son premier long-métrage, Sébastien Laudenbach a choisit de donner sa vision du conte éponyme des frères Grimm à travers un film entièrement réalisé de ses seules mains, intégralement peint sur papier au fil de son inspiration. Le résultat est une œuvre inégalement rythmée mais au charme évident. Tout simplement inratable pour qui ne rechigne pas à s’aventurer en dehors des sentiers battus de l’animation.
Sausage Party : Feignant et bas du front, et en un sens totalement inoffensif malgré un propos fédérateur qui ne semble être là que pour donner bonne conscience à une enfilade de gags tous plus débiles les uns que les autres. Mais ça tombe bien, j’aime beaucoup l’humour débile. À regarder pour ce qu’il est, pas pour l’étendard subversif que certains veulent bien le faire incarner et qu’il ne sera jamais.
Vaiana, La légende du bout du monde : Visuellement, le film est magnifique mais passé sa volonté de pervertir un peu ses archétypes habituels, de son héroïne décidée à s’ouvrir au monde à son sidekick débile à souhait, rien ne me donne spécialement envie de retenter l’aventure. Et surtout pas ses chansons. Hein.
Kanojo to kanojo no neko : Le cycle de la vie vu à travers les yeux d’un chat et du défilement des saisons. Adaptation du deuxième court-métrage de Makoto Shinkai, ça fait penser à Makoto Shinkai mais ce n’est pas du Makoto Shinkai, cette mini-série parvenant à se forger sa propre identité tout en se montrant extrêmement cohérente vis-à-vis du matériau d’origine. Bref, c’est court, c’est mignon et peut potentiellement vous faire verser quelques larmes : visionnage chaudement recommandé.


Kanojo to Kanojo no Neko: Everything Flows, de Kazuya Sakamoto

Zootopie : Rien à faire, même après deux visions j’ai du mal à partager l’ahurissant enthousiasme collectif qui a accompagné la sortie de ce premier Disney de l’année. Attention, j’aime bien ce film : l’univers est intéressant, le propos bienvenu et les personnages attachants, mais la deuxième moitié du film, centrée sur l’enquête du duo principal, me paraît bien trop longue et convenue eu égard à ce qui lui a précédé. Rigolo oui, très joli assurément, salvateur sans doute, mais peut-être encore un peu trop dans le rang pour me satisfaire pleinement.
Dofus, livre 1 : Pour leur premier long-métrage, les studios Ankama ont joué de malchance en atterrissant au cinéma à un moment très chargé en sorties et laissant les exploitants dubitatifs sur la manière de vendre leur film. Et oui, parce qu’en 2016, l’animation 2D c’est encore forcément pour les n’enfants et allez leur dire aux n’enfants que Dofus est issu d’une franchise transmédia, donc d’un univers préexistant auquel il fait bien évidemment souvent référence. Qu’à cela ne tienne, vous êtes maintenant libre d’aller récupérer le blu-ray d’un film plaisant de bout en bout, animé aux petits oignons et à qui il ne manque qu’une fin digne de ce nom pour emporter totalement l’adhésion.
Yuri !!! On Ice : Probablement l’une des séries qui aura le plus fait parler d’elle cette année à travers le monde ! Premier anime a investir le monde du patinage artistique, dont il décrit les acteurs avec humour et beaucoup de sensibilité, Yuri on Ice mérite le coup d’oeil, ne serait-ce qu’à l’aune de la relation surprenante entre ses deux protagonistes. C’est frais, sincère et passionnant, en dépit des habituels tics de l’animation japonaise, blindée de dialogues surexplicatifs exprimant en permanence ce que l’on aurait aimer ressentir.
Le garçon et la bête : Mamoru Hosoda réunit certains des plus gros talents de l’industrie pour une nouvelle itération autour du thème de la famille. Maestria visuelle et récit plus ambitieux qu’il n’y paraît de prime abord rappellent en permanence que le cinéaste est l’un des plus grands en activité.
Anomalisa : Charlie Kaufman s’allie à Duke Johnson et trois comédiens pour mettre en scène les tourments de la solitude et la scène de sexe la plus érotique vue depuis un bail au cinéma. Probablement le film le plus fascinant de ce classement.

Il est maintenant temps de parler d’une série française, la seule de ce classement, adaptée d’une BD de renom elle aussi française dont elle constitue un prequel: il s’agit bien sûr de Lastman, réalisée par Jérémie Périn. Un projet qui a connu pas mal de soucis de production, au point de devoir recourir à Kickstarter pour financer les 12 derniers épisodes.
Pour autant, je ne compte pas prendre vos vessies pour des lanternes. Car même si ses auteurs ont tenté de nous le faire croire, non, la série ne parvient jamais à faire illusion quant à son budget réel. Animation statique, intervalles souvent aux fraises… Lastman est cheap et cela se voit. Mais qu’importe ! C’est justement dans sa parfaite maîtrise du médium, dans sa connaissance de la grammaire cinématographique, que Lastman tire toute sa force. Une force où l’animation naît moins du mouvement que du découpage, où les inserts et les ralentis permettent de ne pas dessiner l’intégralité d’un geste et où la lumière évite d’avoir à dessiner certains décors. Un héritage de l’animation japonaise qui rythme idéalement la série, à la fois extrêmement dynamique et blindée de bonnes idées, visuelles ou thématiques, qui effacent sans souci les quelques soucis d’écriture. Car c’est bien la mise en scène qui assure le spectacle, toujours au diapason d’un protagoniste tantôt bourrin, tantôt drôle, jamais avare en punchlines bien senties mais surtout, toujours sincère et attachant. Lastman est à son image, une série imparfaite mais d’une intégrité sans faille, qui aime le genre, le prend au sérieux et permet enfin de faire vaciller le paradigme des séries d’animation françaises, non sans qualités mais éternellement vouée aux têtes blondes qui pourtant, grandiront bien un jour. Une série cool donc, qui pêche principalement par un trop de plein de références, certes assumées mais tellement mal digérées pour certaines qu’elles vont jusqu’à annihiler la portée émotionnelle de la série dans des scènes pourtant cruciales.
Mais bref, le temps me manque et il me faudrait une émission entière pour parler correctement de Lastman. J’espère au moins vous avoir convaincu de tenter le coup et pourquoi pas de vous lancer dans la BD de Bastien Vivès, Balak et Michaël Sanlaville, qui sont mine de rien à l’origine d’une initiative qu’il me fallait absolument saluer.

Comme vous avez pu le constater jusqu’ici, ce top ne vous dira pas grand chose des histoires des œuvres citées. Perso, je regarde très peu de bandes-annonces et j’aime découvrir des choses sans m’être spoilé avant d’une manière ou d’une autre. J’aime garder cet effet de surprise qui je crois, accentue le ressenti de la découverte. À plus forte raison quand ce ressenti est justement au cœur du projet, aussi bien thématiquement que substantiellement, que ledit projet donne une place fondamentale à la musique et que cette musique est celle d’un clip musical d’à peine six minutes, à l’histoire classique mais imparable.
Ça s’appelle Shelter, c’est signé Porter Robinson & Madeon, en collaboration avec le studio A-1 et Crunchyroll, et j’ai trouvé ça sublime.



Première séquence : un vieil homme part à la conquête du pôle-nord, sous les yeux d’une jeune fille attristée, que l’on retrouve ensuite avachie sur une table parsemée d’outils maritimes (des cartes, des compas), avant que l’écran-titre ne se forme sur la vue d’une personne marchant sur la neige en plein blizzard.
Traduction : d’abord distante, la caméra finit par un gros plan de la fillette, mettant en exergue sa tristesse donc la rapport très proche qu’elle a avec le navigateur, probablement quelqu’un de sa famille, a priori son grand-père. Quelqu’un de très connu quoiqu’il en soit si l’on en juge son départ en grandes pompes. Un fondu-enchaîné relie ces événements au présent diégétique, présent que l’on déduit de la présence de photos prises au moment du départ du bateau. Une main manipule une petite maquette suivant un tracé prédéfini, manifestement celui qu’a suivi le vieil homme à bord dudit bateau, le Davai. La caméra révèle que les mains étaient celles de la jeune fille vue plus tôt, qui se saisit désormais d’une figurine d’un homme dirigeant un traîneau, incarnant évidemment son grand-père. La caméra suit le tracé, puis se fige sur cette vue enneigée. Tout en haut du monde, à comprendre littéralement vis-à-vis de l’image, soit : le pôle-nord, où se trouve le grand-père d’une fille dont on ne s’étonnera pas qu’elle possède certaines connaissances dans le domaine maritime du fait des objets visibles sur la table et de sa parenté.

Ça dure 1 minute 50, pas un seul mot n’est prononcé, et on a nous a déjà présenté deux personnages, le rapport qu’ils entretiennent entre eux, leur passion commune et même l’enjeu majeur du film dans la mesure où Tout en haut du monde va suivre la quête de Sacha, une aristocrate russe décidée à retrouver son grand-père.
Vous l’aurez compris, ce film est bien de ceux qui ne vont pas t’expliquer que leur protagoniste est quelqu’un de curieux et entreprenant, mais plutôt le montrer en train de se faufiler discrètement dans une bibliothèque. Il n’est pas non plus de ceux qui t’expliqueront l’enjeu sous-tendant la relation entre deux frères constamment en conflit au moment où l’un devra sauver l’autre. Et il ne le fera pas parce qu’il a pensé à te glisser un gros plan, là, qui te le fera ressentir.
Bref, il est de ceux qui caractérisent leurs personnages par l’action et dont les contraintes budgétaires évidentes leur ont permis d’aller constamment à l’essentiel, ayant confiance dans l’intelligence du spectateur pour faire le lien entre deux images ou entre deux scènes. En résulte un film peut-être un chouïa expéditif donc, mais qui imprime une vraie démarche cinématographique à ce très beau portrait de femme, à ce récit d’émancipation, d’apprentissage, de passage à l’âge adulte, appelez-ça comme vous voulez. Car en plus de ça, Tout en haut du monde est aussi de ces films dont l’héroïne est une femme forte et indépendante. Hé oui, ces films existent ! Encore faut-il se donner la peine d’être un minimum curieux.


Flip Flappers, de Kiyotaka Oshiyama

Vous vous souvenez de la dernière fois où une série d’animation japonaise tentait de se renouveler à chaque épisode ?
Quelle que soit la réponse à cette question, si vous êtes du genre à considérer qu’une œuvre audiovisuelle peut véhiculer du sens et des émotions à l’aide de ses seules images, si vous n’êtes pas du genre à chouiner parce que franchement, si on lui enlève ça, ben il reste pas grand chose, alors l’excellente Flip Flappers est faite pour vous.

Flip Flappers donc, soit une série que d’aucuns qualifieront de fourre-tout, de par sa multitude de références et de tons, et qui fait de la perte de repères la condition sine qua non de sa réussite, et ce en parfait accord avec le parcours intime de son héroïne. Pas étonnant dès lors que le show perde des spectateurs en route à partir du moment où la symbolique remplace les explications, où les images se substituent aux mots, se montrant donc à contre-courant d’une industrie terrorisée à l’idée de ne pas assez expliciter ses enjeux. Flip Flappers joue la carte de l’expérience sensorielle au gré d’une animation aux petits oignons et de couleurs pétaradantes qui pourraient la limiter à tort au statut de récréation visuelle élégante mais inoffensive. Et on ne va pas se mentir, on se demande parfois où la série veut nous emmener. Mais à deux petits épisodes de sa fin, j’ai envie de dire que cela importe peu. Le show est un émerveillement de chaque instant et un divertissement à la personnalité bien trempée, ce qui n’est pas un mince exploit compte tenu de ses composantes. Puis un anime qui se la joue tour à tour conte de fée, post-apo, horreur ou fantastique en me laissant ressentir la finalité éventuelle, ne pouvait que s’attirer toute ma sympathie.
Mais s’il faut, la finalité en question ne sera qu’un pétard mouillé et la série une série de promesses sans autres fondations que son extrême compétence en matière d’animation. Peut-être ! Toujours est-il qu’à chaud, je n’ai qu’une seule envie : la terminer et la revoir en intégralité. Et vous en parler de manière plus approfondie dans les semaines les mois à venir.


Bojack Horseman, de Raphael Bob-Waksberg

Je vous ai pas dit au fait ? Lastman a été vendue comme la première série d’animation française… pour adultes. Oui, Lastman, cette série qui ferait marrer n’importe quel ado, et aux enjeux totalement compréhensibles par n’importe quel gamin de plus de douze ans. Et je vous cache pas que ne connaissant rien à la BD, je m’attendais à quelque chose de particulier, une audace thématique, quelque chose qui me bousculerait, ce genre de trucs… Mais non, Lastman a été vendue comme telle parce qu’on y voit des boobs et que les personnages disent des gros mots. Enfin je crois. Ou alors parce que deux-trois séquences de cul ou de gore sur 26 épisodes permettent de la qualifier comme telle. Je sais pas.

Mais qu’importe en fait, toujours est-il qu’à ce moment-là, j’ai pensé à Bojack Horseman. Une série où le protagoniste est un cheval qui, dans la troisième saison diffusée cet été, va apprendre à contrôler son image afin de plaire au plus grand nombre et espérer remporter un Oscar. Un cheval, oui ! Dans une série où les animaux et les humains cohabitent ensemble, et qui reprend à son compte certains codes des sitcoms pour étoffer son univers des petits gags qui feront marrer le plus grand nombre. Pas vraiment ce qu’on qualifierait de série pour adultes au premier abord, n’est-ce pas ? Et pourtant, ce sont ces mêmes gags, ces digressions, ces répliques pourtant souvent très drôles, qui vont progressivement distiller un malaise. Parce que Bojack Horseman sait aussi se montrer triste, parfois douloureux, à l’image de son protagoniste alcoolique errant dans sa vie tel un fantôme, qui passe son temps à ne pas faire les bons choix et à rechercher son succès d’antan, qui tente par tous les moyens de combler un vide existentiel qui est au cœur des thèmes de la série. Montrez la série à un ado, il se plaira dans le meilleur des cas à rire des situations des personnages et de leurs imperfections. Mais derrière cet humour de façade, Bojack Horseman est une série satirique qui capte l’humain dans ses questionnements existentiels, ses obsessions, ses paradoxes, ses rêves et surtout ses désillusions. Et il le fait au détour d’idées aussi géniales les unes que les autres, chacune de ses vannes, chaque détail pointant du doigt quelque chose de nous-mêmes ou de notre époque.

Comme dans Lastman, les personnages baisent, fument, jurent et se battent entre eux. Mais parce qu’ils le font uniquement pour prendre la pose cool, les personnages de Lastman ne parlent que d’eux-mêmes. Ceux de Bojack Horseman, eux, parlent aussi de leurs spectateurs. Pour qui aime à catégoriser, c’est peut-être ça, finalement, qui en fait une vraie série pour adultes.

Au moment de réfléchir à cette vidéo, un constat m’est assez vite venu à l’esprit : à l’exception de quelques rares scènes de Vaiana, aucun film d’animation américain vu cette année n’aura su m’émerveiller, m’étonner par son goût pour l’ampleur et des images icôniques. Mais ça, c’était parce que je n’avais pas encore vu Kubo et l’armure magique.

Parce que Kubo ne se contente pas seulement de repousser une nouvelle fois les limites de la stop motion, qui n’aura jamais parue aussi fluide, spectaculaire et cohérente qu’ici. Le film de Travis Knight ne saurait pas non plus se limiter à l’étonnant syncrétisme qu’il incarne pourtant, où le récit Campbellien s’habille de folklore japonais, où la mythologie judéo-chrétienne se confond avec le shintoïsme, où le cinéma de Stephen Chow côtoie celui d’Akira Kurosawa. Non, Kubo et l’armure magique est aussi l’une des invitations au voyage les plus surprenantes et dépaysantes que le cinéma américain nous aura offerts ces dernières années. Car dans ce monde où la musique procure la vie ; les cultures, les genres, les tons et les techniques d’animation se mêlent avec une cohérence et une ambition qui n’oublient jamais qu’elles sont les fondations d’un authentique film d’aventure. Et assez clairement, Kubo et l’armure magique est ce que l’on a pu voir de plus épique et mémorable au cours de cette année d’animation américaine.
Alors si l’envie vous prend d’assister à un combat contre un squelette géant tout droit sorti d’un conte japonais, de voir une guenon se mettre sur la gueule avec deux sœurs évoquant La femme scorpion de Shunya Ito, ou tout simplement de baigner dans l’ambiance fantastique concoctée par les génies de Laika, vous savez ce qu’il vous reste à faire.


Belladonna, de Eiichi Yamamoto

« Qui se dédie aux œuvres commerciales n’est pas un artiste », disait Osamu Tezuka. Résultat de dix mois de travail avec Eiichi Yamamoto à la réalisation et Kuni Sekai à la direction artistique, Belladonna résulte de cette profession de foi. Selon Yamamoto lui-même, le créateur d’Astro Boy démissionnera de Mushi Production après avoir constaté l’envie de ses jeunes collaborateurs de ne se consacrer qu’à des œuvres commerciales.

Expérience sensorielle protéiforme, blindée d’influences aussi diverses que le bunraku, Mucha, Klimt ou Schiele, Belladonna fait partie de ce cinéma d’avant-garde cher à Tezuka. Un cinéma baroque, iconoclaste, psychédélique et viscéral, où le diable prend une forme phallique et se meut sur des illustrations inanimées, conférant à ce chef-d’œuvre une atmosphère à nul autre pareil, entre érotisme, pacte avec le diable, chasse aux sorcières et féminisme exacerbé. Alors bien sûr je triche, le film date de 1973 et il s’agit d’une ressortie, mais je tenais quand même à rappeler que les images les plus marquantes de cette année ciné datent d’il y a plus de quarante ans.

Et comme me limiter à deux évidences et demie dans un top de fin d’année reviendrait à manquer de respect à un film pareil, sachez que j’y reviendrai très prochainement dans un Anima qui lui sera dédié.


Mob Psycho 100, de Eiichi Yamamoto

Hey ! Et si on parlait de la meilleure série d’animation japonaise de l’année ! Hein ? Non ?

Mob Psycho 100 donc, n’est autre que l’adaptation du manga éponyme de One, un petit gars connu pour One-Punch Man, autre petit manga déjà adapté en une petite série animée au succès confidentiel. C’est produit par le studio Bones et en un mot comme en cent : ÇA. TABASSE. SA GRAND-MERE. Là encore ne comptez pas sur moi pour vous en dire trop sur le pitch mais grosso modo, l’univers de Mob Psycho 100 est constitué d’une multitude de personnages truculents, parmi les plus barjos et attachants de cette année. Et au milieu de tout ça, un ado surnommé Mob, timide, nonchalant et inexpressif au possible, bref, fondamentalement insignifiant comme se plairont à lui rappeler certains esprits avant de se faire démolir la tronche. Et oui, car Mob a la particularité d’être doté de pouvoirs psychiques extrêmement puissants, qui le mèneront à des affrontements toujours plus dantesques dans ce qui reste les séquences d’action les plus folles, les mieux animées et les plus jouissives vécues depuis One-Punch Man. C’est bien simple, sur ce plan le show est l’un de ceux qui tirent le médium vers le haut, qui en explore les infinies possibilités avec une cohérence qui force le respect. Je vous fais grâce du name-dropping et des diverses techniques employées, d’autres s’en sont déjà chargés à ma place.

Par ailleurs, en ce qu’elle reprend au plus près la patte visuelle si caractéristique de One, Mob Psycho 100 se pare d’une identité visuelle qui ne plaira pas à tout le monde mais qui en ce qui me concerne, compte parmi ce que j’ai vu de plus beau cette année. One oblige, la série joue naturellement sur la déconstruction d’archétypes bien connus, à commencer par son protagoniste surpuissant et pour le moins blasé, certes déjà incarné par Saitama mais ici incarné par un adolescent intériorisant ses émotions et cherchant à ne pas utiliser ses pouvoirs. L’adolescence, et par extension la quête d’identité, est d’ailleurs au cœur des enjeux thématiques du récit, jusque dans des combats mettant Mob aux prises avec ses négatifs symboliques. Bref, loin d’être le passe-temps spectaculaire mais écervelé mis en avant par certains, Mob Psycho 100 est un divertissement de très, très haute volée.

Last but not least.

LEAVE A REPLY

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *